Chroniques littéraires – La brigade des fous de Philip Le Roy

On commence cette chronique par une série de thriller tout à fait sympathique. Cette saga est un énorme coup de coeur car elle réunit plusieurs thématiques qui sont chères à mon coeur ( l’acceptation de la différence, la valorisation d’un handicap, l’écologie ..) , j’en ai tout autant apprécié les valeurs ( entraide, respect ..) que le lieu de l’action ( la France !) ou le style d’écriture ( énormément d’humour ). C’est donc un carton plein pour la brigade des fous et j’aurais bien du mal à trouver des défauts à cette série qui me réjouit depuis déjà trois tomes et dont j’attends la suite avec impatience.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet, à savoir la trame principale des livres :
Si vous n’aimez pas les romans où les ados sauvent le monde, vous pouvez passer votre chemin. Même constat si vous n’êtes pas fan des antihéros. Dans le cas contraire, vous allez être servi ! Le docteur Scheffer, un éminent pédo-psychiatre à constitué, avec l’aide de quelques acolytes, la brigade des fous. Une petite équipe constituée d’un autiste savant génie des maths et de l’informatique, d’une hypéractive accro à l’adrénaline, d’un geek albinos meilleur stratège qu’un caporal chef de l’armée, d’une ghotique sado-masochiste qui ne craint pas la mort, d’un trisomique dotée d’une force herculéenne et, pour finir, d’une séductrice pathologique. Le principe même de cette entreprise n’étant pas de les guérir mais de contrôler et d’amplifier leurs aptitudes naturelles pour en faire une brigade d’intervention aux capacités d’analyse impressionnantes et aux moyens d’actions stupéfiants. Les six protagonistes servent les intérêts du programme Noé visant à lutter contre la destruction de la planète. Une association décoiffante et hautement originale !
*
Tome 1 : Blackzone
Dans ce premier tome, on est tout de suite plongé dans l’ambiance de la saga. Comme tout bon thriller, cela commence par un meurtre et l’arrestation d’un suspect. Ensuite tout s’enchaîne à un rythme trépident et jubilatoire. On nous présente la brigade et son histoire, le fonctionnement du programme Noé, les pièces du jeu se mettent naturellement en place, dans un style fluide et très agréable. La personnalité et la psychologie des personnages est plutôt bien exploitée et leur première mission est pleine d’envergure : infiltrer l’entourage d’un mafieux taïwanais, qui a plusieurs projets dans son sac pour asphyxier la planète.
*
Tome 2 : Red Code
Dans ce second tome, on s’éloigne très légèrement de la pure mission écologique ( et encore, pas tellement puisqu’il est question du nucléaire, du gaz de schiste et autres joyeusetés ) pour s’intéresser à l’embrigadement des jeunes dans les filières terroristes et les divers trafics dont il font l’objet.  Je trouve que ce roman est plus politique qu’écologique, quoi que les deux soient intimement liés, cependant, il vient confirmer ce que le premier tome laissé deviner : le talent de l’auteur et le côté addictif de la brigade des fous ! Plus sombre, plus audacieux, plus adulte, ce deuxième tome est un bijou d’imprévisibilité. Et c’est à contre-coeur que j’ai tourné les dernières pages, pas pressée pour un sous de quitter cette jolie bande de doux-dingues ..;
*
 
Tome 3 : White shadows 
Dans ce troisième tome, le rythme est beaucoup plus lent et la mission de nos héros, beaucoup plus personnelle. C’est, en effet, une mission de sauvetage qu’ils devront menés. Bien que la question environnementale soit à nouveau remisé au second plan, on retrouve tous les éléments qui font le succès de la saga : les problèmes environnementaux ( la gestion des déchets nuclaires, en toile de fond ) , les méchants  (la mafia, rien que ça !) l’action, les cascades, des plans le plus souvent foireux mais toujours aussi inventifs et surtout cet humour corrosif qui sait désamorcer toutes les situations de crise !
*
Si certains pourront reprocher à ces trois tomes d’être trop axés sur la jeunesse, de manquer de profondeur ou de détails, pour ma part, je ne peux que vous encourager à vous ruez sur ces livres originaux qui tirent aussi leur force dans le parti qu’à prit l’auteur d’évoquer des faits d’actualités. Problèmes de territoires, drames environnementaux causés par l’homme, trafics en tout genre, terrorisme, altération de la bio-diversité … je trouve personnellement que les histoires sont percutantes et bien documentées. Si ces livres restent du domaine fictionnel, nul doute que les problèmes évoqués sont des réalités et que les conséquences seront aussi désastreuses que celles décrites dans les romans. De quoi fournir quelques électrochocs salutaires et pourquoi pas, faire le nid de futures vocations ! Pour finir cette premier chronique aoutienne, je ne dirais qu’une chose : vivement les prochains tomes !
*
Par Di.