Appréhender le monde

 

« C’est fou comme les différentes langues peuvent nous faire voir le monde d’une façon différente. Par exemple j’ai acheté il y a peu un livre pour avoir les bases du mandarin. Le « mot » pour « écume » est fait avec le signe pour « eau » et le signe pour « fin » parce que, comme dit le livre, « l’écume est la dernière forme que prend l’eau quand elle vient mourir sur le rivage ». Je trouve ça très poétique et je pense que je ne verrais jamais plus une vague de la même façon.

Je ne sais pas si c’est Dieu qui a donné une langue différente à tout le monde (je ne crois pas en Dieu) mais s’il existe et s’il l’a fait alors ce n’était pas une punition pour avoir tenté de le rejoindre : c’était un cadeau. Vraiment. Parce que ce que nous l’on voit n’est pas vu de la même manière par les personnes d’une autre langue. Par exemple les Inuits ont plein de mots pour désigner la couleur blanche, alors que pour nous du blanc c’est du blanc et point barre. Dans le numéro de National Geographic d’il y a trois ou quatre mois je ne sais plus, ils parlaient des enfants basques je crois, ou en tout cas Français qui parlent une langue régionale mais je ne sais plus laquelle (c’est précis tout ça :P) et dans cette langue le mot pour « école » et celui pour « échelle » est identique. Ils utilisaient cet exemple pour dire que, en gros, les enfants qui parlent deux langues peuvent raisonner de deux manières différentes. C’est pour ça que je pense que les parents qui ont la chance d’avoir une double nationalité doivent transmettre leurs deux langues à leurs enfants. Je comprends aussi ce que pense une expatriée étrangère en France qui avait été interviewée par Nicolas Carreau dans Les Carnets du Monde d’Europe1 et qui disait qu’elle finirait par ne parler que Français à son enfant parce que sinon il ne parlerait parfaitement aucune des deux langues. Je comprends son point de vue mais je ne suis pas d’accord.

Ma mère dit que souvent les Arabes dans sa classe sont meilleurs en maths. Je me demande si ce ne serait pas moins relatif à une prédisposition génétique (quelle drôle d’idée) qu’à la logique de leur langue. Peut-être que d’une manière ou d’une autre la logique de leur langue rejoint celle des maths ? Je ne crois pas que ça soit tant que ça tiré par les cheveux. Enfin pas trop. En tout cas je trouve ça intéressant de voir la structure des langues étrangères, comment elles fonctionnent, parce que c’est une autre manière de voir les choses, une autre manière d’appréhender le monde. »

Par Melgane du blog: Fuite en avant

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Métamorphoses de Samantha Bailly

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Je dois avouer que j’ai hésité à acheter ce livre parce que j’avais un peu peur que ça soit un roman jeunesse comme sa trilogie Souvenirs Perdus qui était correcte mais pas transcendante et dont la fin était un peu convenue. Finalement je me suis laissée tenter et quand j’ai compris que ce n’était pas un roman jeunesse j’ai été soulagée. Soulagement qui a de nouveau été effacé par de l’appréhension quand j’ai compris que ça se passait dans le même univers qu’Oraisons. En fait je dois dire que les auteurs qui tirent sur une idée à l’infinie me gênent un petit peu… Terry Goodkind et L’Épée de Vérité qui n’en finit pas mais qui trouve aussi ses romans dérivés racontant une histoire basée sur le même modèle, Sophie Audouin-Mamikonian et un deuxième cycle de Tara Duncan qui s’ouvre, avec en parallèle un roman racontant une histoire se passant quelque quatre siècles avant… Ça me donne toujours l’impression que, comme le premier roman a marché et pas forcément les autres, ils tirent le fil jusqu’à épuisement, pour gagner des sous-sous (oui, je sais, je suis mauvaise langue :P). Donc quand j’ai remarqué que Métamorphoses se passait seulement environ trente ans avant Oraisons et couvrait les trente ans d’histoire, ça m’a un peu rassurée.

 Au final quoi en penser ? On suit Sonax, dont le personnage apparaît dans Oraisons. Mais j’ai lu le roman depuis trop longtemps pour pouvoir remettre en contexte, donc j’ai lu Métamorphoses quasiment (exceptée à la toute fin où on se raccroche à Oraisons) comme si je n’avais pas lu Oraisons. Et ça ne m’a absolument pas dérangée. Comme le dit Samantha Bailly sur son site, on n’a pas besoin d’avoir lu le précédent pour comprendre.

 Sonax est fils de banquière, il a une soeur jumelle, et se destine à prendre la suite de sa mère. Seulement, lui ne le veut pas, il veut faire de théâtre et y parviendra, ce qui va l’amener à prendre connaissance des intrigues royales car le dirigeant du théâtre est lié à l’Astracan, le dirigeant d’Heldérion. Au fil des chapitres on va donc le voir évoluer, passer au service de plusieurs personnes puis gagner son indépendance pour poursuivre son propre but, le tout dans un univers très détaillé. et avec une écriture agréable à lire même si un « tic de langage » m’a un peu agacée, une expression en fait : « tout contre » ; « Tout contre son corps », « tout contre lui », « tout contre son ventre », etc.

 En fait je dirais que ce roman, même si l’on n’a pas besoin d’avoir lu le précédent, est une manière d’expliquer comment Aileen Manérian parvient à, en quelque sorte, sauver le monde ou en tout cas bouleverser leur univers. Parce que, dans le roman précédent, on a le pourquoi, et ici, avec certaines scènes que l’on revit du point de vue de Sonax, on a le comment. Ce roman a en fait été pensé, à la base, comme une trilogie et est donc divisé en trois partie. Dès le premier prologue, on nous parle d’Aileen Manérian, héroïne de Oraisons, tout, au final est tourné vers comment Sonax va devenir ce qu’il est et, puisqu’on le voit aider Aileen, on comprend comment elle a « sauver le monde ».

 C’est un roman intéressant, je ne regrette pas de l’avoir acheté, les personnages sont bien campés et bien traités. Cependant je trouve que c’est un peu long avant que Sonax joue son rôle alors qu’on nous annonce dès le début une rencontre avec Aileen Manérian. Du coup on regarde les choses passer et on attend un peu. Même s’il se passe pas mal de choses, au deuxième prologue, on nous rappelle encore qu’il va se passer quelque chose avec Aileen et on attend encore. Ça c’est un peu dommage. Quant à la fin je l’ai trouvé moins convenue que pour sa trilogie Souvenirs Perdus mais néanmoins pas très surprenante. Par contre, j’avais reproché au premier tome que tous les personnages soient beaux, par eux-mêmes où que l’on voit leur beauté sous leurs cicatrices, ce qui m’avait un peu dérangé étant donné que, dans la « vraie vie » tout le monde n’est pas beau. Ce défaut je ne l’ai pas retrouvé dans Métamorphoses donc pour moi c’est un point positif. En revanche, si Samantha Bailly sort un nouveau livre dont l’histoire se passe dans le monde d’Heldérion, je ne sais pas si je l’achèterai.

 

Par: Melgane du blog: Fuite en Avant